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HALTE SPIRITUELLE

8 JANVIER 2018:

"Loi, Justice et Sainteté"

Mgr Bernard GINOUX

24 juin 2013

Tous les baptisés, appelés à donner le Christ au monde...

"La vocation de ce grand prophète a été de préparer le chemin de Notre Seigneur. Nous aussi, nous devons chacun selon ses forces et sa vocation, apporter le Christ au monde d’aujourd’hui. Soyez forts dans le Seigneur". 
Jean Baptiste est un homme que seul Dieu pouvait donner à Israël. À l’origine de son aventure, il y a une femme stérile et âgée, Élisabeth, et il y a un père au Temple, lui aussi chargé d’années: ce sont les pauvres du Seigneur, «justes devant Dieu ; irréprochables à suivre les commandements et les observances du Seigneur» (Lc 1, 6), le petit reste humble qui met sa confiance en Dieu; et c’est à eux, précisément, que Dieu s’adresse pour accomplir son dessein d’amour et de salut. Rien ne peut conditionner le choix de Dieu, et celui-ci ne peut pas davantage être entravé par des limites humaines, comme la vieillesse et la stérilité: l’élection n’exige que la prédisposition, l’attente, la foi. Jean naît ainsi, annoncé par un ange à son père prêtre, tandis que ce dernier célèbre au Temple; il n’est qu’un embryon dans le sein de sa mère lorsqu’il reconnaît déjà, en dansant, la présence du Messie et Seigneur Jésus à peine conçu dans le sein de Marie; et c’est dans le ventre de sa mère qu’il est sanctifié par l’Esprit saint qui descend sur elle.
A sa naissance, voilà que son nom fixe pour lui sa vocation et sa mission, ce nom donné par Dieu par l’intermédiaire de l’ange - Johanan, «le Seigneur fait grâce»; et voilà que son père entonne un psaume messianique comme action de grâce et comme louange à Dieu, mais où il s’adresse aussi à son fils: «Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, tu marcheras devant, à la face du Seigneur» (Lc 1, 76). 
C’est ainsi qu’est venu au monde «plus qu’un prophète [...] le plus grand parmi ceux qui sont nés d’une femme» (Lc 7, 26. 28), selon la confession que Jésus fait de lui : s’il n’est certes pas la lumière venue dans le monde, il demeure toutefois « la lampe qui brûle et qui luit » (Jn 5, 35) pour témoigner de la lumière.
Toute son existence se mêle à celle de Jésus ; et les événements de sa vie racontés dans les évangiles ne sont pas que des préfigurations de ceux qui surviendront à Jésus : ils leur sont synchroniques, contemporains, au point qu’ils se superposent et se confondent les uns les autres. Jean et Jésus ont vécu ensemble ! Et même lorsque Jean sera tué violemment, sa vie et sa mission apparaîtront en plénitude dans celles de Jésus. Ce n’est certainement pas par hasard que l’Évangile enregistre l’opinion du roi Hérode concernant Jésus : «C’est Jean qui est ressuscité» (Mc 6, 16), ni que les disciples rapportent à Jésus le jugement de certains contemporains qui affirmaient de lui: « C’est Jean le Baptiste » (Mt 16, 14).
Quand Jean mourra, il anticipera la mort de Jésus et la préfigurera comme la passion du prophète persécuté et tué dans sa propre patrie; mais tout comme, dans la mort du Baptiste, Jésus meurt, de même, dans la résurrection de Jésus, Jean le Baptiste ressuscitera lui aussi.

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