Pour la beauté des créaturesQu’onques je ne me fourvoie,Mais pour un je-ne-sais-quoiQu’on obtienne par aventure !N’aura pour meilleur objetSaveur de bien qui est finiQue de gâter le palaisAyant fatigué l’appétit ;Et ainsi, en douce captureQu’onques je ne me fourvoie,Mais pour un je-ne-sais-quoiQui se trouve par aventure.
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Le cœur dont le fonds est fertile
Ne veut jamais s’arrêter
Quand il peut encor passer,
Sinon dans le plus difficile ;
Son désir, rien ne le sature,
Et si haut monte sa foi
Qu’il goûte un je-ne-sais-quoi
Qui se trouve par aventure.
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Celui dont l’amour est souffrance,
De l’être divin touché,
A le goût si transformé
Qu’en tout goût il a
défaillance ;
Qui fait de la température,
A dégoût des mets qu’il voit
Et veut un je-ne-sais-quoi
Qui se trouve par aventure.
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Tenez cela pour manifeste,
Que le goût reste en finale,
Car la cause d’un tel mal
Est étrangère à tout le
reste ;
Et ainsi, toute créature
Étrangère se perçoit,
Et goûte un je-ne-sais-quoi
Qui se trouve par aventure.
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Car qui perçoit sa volonté
De Divinité touchée,
Ne peut en rester payé,
Sinon par la Divinité ;
Mais, la beauté de sa vêture
Ne se voyant que par foi,
Goûte-en un je-ne-sais-quoi
Qui se trouve par aventure.
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Or, pour un être tant aimé,
Dites-moi : quelle douleur,
Puisqu’il n’est même saveur
Parmi tous les êtres créés ;
Seulement, sans forme et figure
Et sans appui adéquat,
Là, goûte un je-ne-sais-quoi
Qui se trouve par aventure.
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Ne pensez pas que l’intérieur,
Qui détient grande richesse,
Trouve joie et allégresse
En ce qui donne ici saveur ;
Mais plus qu’en beauté de nature,
Qu’en ce qui fut, est, sera,
Il goûte un je-ne-sais-quoi
Qui se trouve par aventure.
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Son souci est plus employé
Chez qui veut s’avantager,
En ce qui est à gagner
Qu’en ce qui est déjà gagné ;
Et ainsi, pour plus d’envergure,
Moi, je voudrais toute fois
Surtout un je-ne-sais-quoi
Qui se trouve par aventure.
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Pour tout ce qui par le sensible
Peut ici-bas se comprendre,
Et tout ce qui peut s’entendre,
Du plus élevé accessible,
Pour grâce et beauté qu’il procure
Qu’onques je ne me fourvoie,
Mais pour un je-ne-sais-quoi,
Qui se trouve par aventure.
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