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HALTE SPIRITUELLE

8 JANVIER 2018:

"Loi, Justice et Sainteté"

Mgr Bernard GINOUX

4 mai 2014

Halte Spirituelle : "La foi de la Samaritaine" ...

L'homme est un être extraordinaire. Il y a en lui une capacité extraordinaire, une possibilité infinie, déposée là par le Créateur, qui le rend image de Dieu. Il existe en lui une source, et cette source est destinée à couler à flots, à se répandre. Cette source a été obstruée par le péché, mais elle continue de sourdre au fond de nous. Nous l’entendons, si nous l’écoutons. Jésus est venu desceller cette source, libérer cette capacité. Il le fait par le baptême. Ce sacrement libère la source cachée et entraîne l'homme dans la charité de Dieu, par laquelle Jésus nous rend à la ressemblance première. Nous avons été créés pour aimer, pour nous donner. Jésus nous rend à cette vérité.
«Arrive une femme». Elle représente l’Église ; l’Église qui n’était pas encore justifiée, mais déjà appelée à la justification. Car c’est de cela qu’il est question. Elle arrive sans savoir, elle trouve Jésus, et la conversation s’engage. Écoutons-la donc : en elle, c’est nous qui parlons ! Reconnaissons-nous en elle et, en elle, rendons grâce à Dieu pour nous.

Elle était la figure, non la vérité ; car elle-même a présenté d'abord la figure, et la vérité est venue. Car elle a cru en celui qui, en elle, nous présentait cette préfiguration. Donc, «elle venait puiser de l'eau», tout simplement, comme font ordinairement des hommes ou des femmes.

Et, parce que cette femme avait emporté une cruche pour puiser l’eau, elle s’étonne de ce qu’un Juif lui demande à boire, ce qui n’était pas la coutume des Juifs. Mais celui qui cherchait à boire avait soif de la foi de cette femme. Écoute enfin quel est celui qui demande à boire. «Jésus lui répondit : Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive.»

Il demande à boire, et il promet à boire. Il est dans le besoin, comme celui qui va recevoir, et il est dans l'abondance, comme celui qui va combler. «Si tu savais le don de Dieu», dit-il. Le don de Dieu, c’est l’Esprit Saint. Mais Jésus parle encore à cette femme de façon cachée et peu à peu il entre dans son cœur. Peut-être l’instruit-il déjà. Qu'y a-t-il de plus doux et de plus bienveillant que cette invitation : «Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est peut-être toi qui demanderais, et il te donnerait de l’eau vive. »

Quelle eau va-t-il lui donner, sinon cette eau dont il est dit : «En toi est la source de vie». Comment auraient-ils soif, ceux qui «seront enivrés par les richesses de ta maison» ?

(Saint Augustin, au IVe s. , sur l’Évangile de Jean 15,10-17)
Le baptême lui-même est une source. Et une source coule dans une totale gratuité. Elle coule pour qui veut venir y boire. Et l’acte de foi le plus frappant, peut-être, de la Samaritaine est d'avoir cru en la gratuité de ce don. Elle, la schismatique, la pécheresse, elle a cru que l'eau que Jésus donne pouvait être pour elle ! Dieu donne gratuitement, Dieu donne à qui veut venir à lui, Dieu est Source. Jésus est venu révéler la gratuité de ce don. Il est venu révéler la prodigalité du Père, le visage du Père qui est don, qui donne, donne et se donne. Jésus est venu libérer le don des mains de ceux qui l’avaient accaparé (Matthieu 23,13 ; Luc 11, 52), qui voulaient le réserver à quelques-uns. Jésus vient redonner cette eau pour tous. Il le fait en donnant lui-même sa vie pour la multitude (Marc 14,24). Et c’est vers cette source, qui coulera pour nous dans la nuit de Pâques, que nous avançons, dans la joie, déjà, d’y être tout renouvelé.

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