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HALTE SPIRITUELLE

8 JANVIER 2018:

"Loi, Justice et Sainteté"

Mgr Bernard GINOUX

5 nov. 2013

L’Halte Spirituelle de Novembre ...


"L'Acte d'offrande
À l'amour miséricordieux"
Fr. Luc Marie, Carme
Le jour de la fête de la Sainte Trinité, le 9 juin 1895, Thérèse reçoit la grâce de comprendre combien Dieu désire être aimé. Elle s'offre donc en « victime d'holocauste à l'Amour miséricordieux ». Cette même année, elle rédige le Manuscrit A, douze poésies dont « Vivre d'Amour » et trois récréations pieuses. Parvenue à une maturité spirituelle, libérée de l'esprit de crainte que le jansénisme avait répandu, Thérèse peut laisser s'épanouir l'esprit d'Amour qui est sa vocation.  
Dans « L'Acte d'offrande » qu'elle compose ce jour-là, elle condense tout ce qui fait sa spiritualité : son désir infini de ressembler à Jésus et de lui être unie, la grâce de comprendre que c'est en passant par le creuset de la souffrance qu'elle lui ressemblera le mieux et, par là, qu'elle réalisera son désir de sauver les âmes.  
En méditant « L'Acte d'offrande », chacun pourra se sentir stimulé pour affronter sereinement les difficultés de chaque jour, chacun, à l'école de sainte Thérèse, apprendra à trouver la joie parfaite, « en fixant l'invisible lumière qui se dérobe à nos yeux ».
La vie de chaque saint est caractérisée par une intuition fondamentale, une idée forte. Chez Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, cette intuition fondamentale est la confiance inébranlable en la Miséricorde de Dieu, la certitude d’être véritablement aimée toujours et partout. 
Avant d’entrer plus avant dans l’Acte d’offrande à l’Amour Miséricordieux, souvenons-nous que la petite voie que nous enseigne sainte Thérèse nous apprend que Dieu nous aime de trois manières complémentaires : 
®     Dieu nous aime d’un Amour gratuit. Thérèse veut donc Lui faire plaisir en se laissant aimer et en se présentant devant Lui « les mains vides ».
®     Dieu nous aime d’un Amour miséricordieux. Thérèse veut donc Lui faire plaisir en se laissant sans cesse purifier par le feu de son Amour.
®     Dieu nous aime d’un Amour mendiant. Thérèse veut donc Lui faire plaisir en ne lui refusant aucun sacrifice qu’Il réclame pour le salut du monde. 
C’est en essayant de vivre cette intimité d’Amour avec le Christ que nait en sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face le désir de s’offrir à l’Amour Miséricordieux.
Écoutons-la nous dire elle-même comment est né ce désir. C’était en 1895. 

« Cette année le 9 juin fête de la Sainte Trinité, j’ai reçu la grâce de comprendre plus que jamais combien Jésus désire être aimé. Je pensais aux âmes qui s’offrent comme victimes à la Justice de Dieu afin de détourner et d’attirer sur elles les châtiments réservés aux coupables, cette offrande me semblait grande et généreuse, mais j’étais loin de me sentir portée à la faire. 
« O mon Dieu ! M’écriais-je au fond de mon cœur, n’y aura-t-il que votre Justice qui recevra des âmes s’immolant en victimes ?… Votre Amour Miséricordieux n’en a-t-il pas besoin lui aussi ?… De toutes parts il est méconnu, rejeté ; les cœurs dans lesquels vous désirez le prodiguer se tournent vers les créatures leur demandant le bonheur avec leur misérable affection, au lieu de se jeter dans vos bras et d’accepter votre Amour infini… Ô mon Dieu ! Votre Amour méprisé va-t-il rester en votre Cœur ?
Il me semble que si vous trouviez des âmes s’offrant en Victimes d’holocaustes à votre Amour, vous les consumeriez rapidement, il me semble que vous seriez heureux de ne point comprimer les flots d’infinies tendresses qui sont en vous… Si votre Justice aime à se décharger, elle qui ne s’étend que sur la terre, combien plus votre Amour Miséricordieux désire-t-il embraser les âmes, puisque votre Miséricorde s’élève jusqu’aux Cieux… O mon Jésus ! Que ce soit moi cette heureuse victime, consumez votre holocauste par le feu de votre Divin Amour !…
 
Ma Mère chérie, vous qui m’avez permis de m’offrir ainsi au Bon Dieu, vous savez les fleuves ou plutôt les océans de grâces qui sont venus inonder mon âme… Ah ! Depuis cet heureux jour, il me semble que l’Amour me pénètre et m’environne, il me semble qu’à chaque instant cet Amour Miséricordieux me renouvelle, purifie mon âme et n’y laisse aucune trace de péché, aussi je ne puis craindre le purgatoire… Je sais que par moi-même je ne mériterais pas même d’entrer dans ce lieu d’expiation, puisque les âmes saintes peuvent seulement y avoir accès, mais je sais aussi que le Feu de l’Amour est plus sanctifiant que celui du purgatoire, je sais que Jésus ne peut désirer pour nous de souffrances inutiles et qu’Il ne m’inspirerait pas les désirs que je ressens, s’Il ne voulait les combler… 
Oh ! Qu’elle est douce la voie de l’Amour !… Comme je veux m’appliquer à faire toujours avec le plus grand abandon, la volonté du Bon Dieu !… » (Manuscrit A, 84r°-84v°) 
Voilà comment sœur Geneviève (Céline) relate ce jour du 9 juin 1895 : « Au sortir de cette messe, elle m’entraîna à sa suite, à la recherche de notre Mère, elle semblait comme hors d’elle-même et ne me parlait pas. Enfin ayant trouvé notre Mère (Agnès de Jésus) elle lui demanda la permission de s’offrir avec moi en victime à l’Amour miséricordieux. Elle lui donna une courte explication. Notre Mère était pressée, elle ne sembla pas trop comprendre ce dont il s’agissait et permit tout, tant elle avait confiance en la discrétion de sœur Thérèse de l’Enfant Jésus » (PO, p. 281)

(Source : L'abbé de Somme)

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