Le Cantique spirituel est à la fois une poésie et son commentaire, par saint Jean de la Croix (1542-1591). Ce Cantique témoigne du mariage spirituel qui advient après La montée du Carmel et La nuit obscure, c'est un sommet. Citons :
«Cette âme agit très souvent pour Dieu, s'occupe de Dieu et de sa gloire sans y penser et sans s'en souvenir ; elle en a tellement l'habitude qu'elle n'a plus besoin de cette attention et de cette diligence ou de ces actes fervents dont elle faisait autrefois précéder ses actions. [...]
Remarquons-le, quand l'âme est arrivée à cet état, tout ce qu'elle accomplit par sa partie spirituelle ou sa partie sensitive, ses actions comme ses souffrances de quelque façon que ce soit, tout en un mot cause sans cesse en elle plus d'amour pour Dieu et plus de délices en lui. [...]
Qu'elle s'occupe du temporel ou du spirituel, elle peut toujours dire que désormais son unique occupation est d'aimer.»
Saint Jean de la Croix, Le cantique spirituel, Strophe XIX
«Elle a laissé de côté et jeté dans l'oubli toutes les tentations, ainsi que tous ses troubles, chagrins, préoccupations et soucis ; elle est transformée dans une sublime étreinte. [...]
Joyeuse, elle repose, le cou penchée... Comme nous l'avons dit, le cou dénote la force (or c'est à grâce à cette force acquise par l'âme que peut s'accomplir cette union souveraine, et seule une âme forte est capable de recevoir un si étroit embrassement). C'est, en effet, grâce à sa force que l'âme travaille, qu'elle accomplit des actes de vertu et triomphe des vices. Il est donc juste qu'elle se repose et jouisse du fruit de son travail. La voilà donc le cou incliné sur les doux bras du Bien-aimé. Incliner le cou sur les bras de Dieu signifie qu'elle unit sa force, ou pour mieux dire, sa faiblesse à la force de Dieu, car les bras de Dieu sont le symbole de sa force, et c'est sur elle que notre faiblesse se repose et se trouve transformée.»
Saint Jean de la Croix, Le cantique spirituel, Strophe
XXVII
L’analogie de Dieu comme époux
L'analogie
de Dieu comme époux dans l'Ancien Testament
Osée
est le premier prophète ayant introduit l'analogie de Dieu comme époux. « Epoux
» est une image humaine, mais l'amour de Dieu comme époux est un amour divin.
D'autres prophètes ont ensuite repris l'analogie.
«Il adviendra en
ce jour-là -- oracle de YHWH -- que tu m'appelleras "Mon
mari".» (Osée 2,18)
«Ainsi parle
YHWH: Je me rappelle l'affection de ta jeunesse, l'amour de tes fiançailles,
alors que tu marchais derrière moi au désert, dans une terre qui n'est pas
ensemencée.» (Jérémie 2,2)
«Ton créateur
est ton époux, YHWH Sabaot est son nom, le Saint d'Israël est ton rédempteur,
on l'appelle le Dieu de toute la terre.» (Isaïe 54,5)
Cette
analogie se retrouve dans le Nouveau Testament
Cette analogie
est reprise par le Christ et l'Eglise, elle éclaire à la fois la dignité de la
femme et la pratique eucharistique. Le pape Jean Paul II l'explique :
Cette image de
l'amour sponsal liée à la figure de l'Epoux divin - image très claire dans les
textes prophétiques - se trouve confirmée et couronnée dans la Lettre aux
Ephésiens (5, 23-32).
Le Christ est
salué comme l'époux par Jean-Baptiste (cf. Jn 3, 27-29); et le Christ lui-même
s'appliquait cette comparaison empruntée aux prophètes (cf. Mc 2, 19-20).
L'Apôtre Paul,
qui est imprégné de tout le patrimoine de l'Ancien Testament, écrit aux
Corinthiens: «J'éprouve à votre égard en effet une jalousie divine; car je vous
ai fiancés à un époux unique, comme une vierge pure à présenter au Christ.» (2
Co 11, 2).
(Jean Paul II, Lettre
apostolique Mulieris dignitatem §
23)
Ainsi le fait
d'«être épouse», et donc le «féminin», devient le symbole de tout l'«humain»,
selon les paroles de Paul: «Il n'y a ni homme ni femme: car tous vous ne faites
qu'un dans le Christ Jésus» (Ga 3, 28). »
(Jean Paul II, Lettre apostolique Mulieris
dignitatem § 25)
Dans
l'Eucharistie s'exprime avant tout sacramentellement l'acte rédempteur du
Christ-Epoux envers l'Eglise-Epouse. Cela devient transparent et sans équivoque
lorsque le service sacramentel de l'Eucharistie, où le prêtre agit «in persona
Christi», est accompli par l'homme.
(Jean Paul II, Lettre apostolique Mulieris
dignitatem § 26)
Et la sainteté
s'apprécie en fonction du «grand mystère» dans lequel l'Epouse répond par le
don de l'amour au don de l'Epoux, le faisant «dans l'Esprit Saint» parce que
«l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été
donné» (Rm 5, 5). Le Concile Vatican II, en confirmant l'enseignement de toute
la tradition, a rappelé que, dans la hiérarchie de la sainteté, c'est justement
la «femme», Marie de Nazareth, qui est «figure» de l'Eglise.
(Jean Paul II, Lettre apostolique Mulieris
dignitatem § 27)
F. Breynaert
Saint Jean de la Croix, Le cantique spirituel, Strophe
XXVII
L’analogie de Dieu comme époux
L'analogie de Dieu comme époux dans l'Ancien Testament
«Il adviendra en
ce jour-là -- oracle de YHWH -- que tu m'appelleras "Mon
mari".» (Osée 2,18)
«Ainsi parle
YHWH: Je me rappelle l'affection de ta jeunesse, l'amour de tes fiançailles,
alors que tu marchais derrière moi au désert, dans une terre qui n'est pas
ensemencée.» (Jérémie 2,2)
«Ton créateur
est ton époux, YHWH Sabaot est son nom, le Saint d'Israël est ton rédempteur,
on l'appelle le Dieu de toute la terre.» (Isaïe 54,5)
Cette
analogie se retrouve dans le Nouveau Testament
Cette analogie
est reprise par le Christ et l'Eglise, elle éclaire à la fois la dignité de la
femme et la pratique eucharistique. Le pape Jean Paul II l'explique :
Cette image de
l'amour sponsal liée à la figure de l'Epoux divin - image très claire dans les
textes prophétiques - se trouve confirmée et couronnée dans la Lettre aux
Ephésiens (5, 23-32).
Le Christ est
salué comme l'époux par Jean-Baptiste (cf. Jn 3, 27-29); et le Christ lui-même
s'appliquait cette comparaison empruntée aux prophètes (cf. Mc 2, 19-20).
L'Apôtre Paul,
qui est imprégné de tout le patrimoine de l'Ancien Testament, écrit aux
Corinthiens: «J'éprouve à votre égard en effet une jalousie divine; car je vous
ai fiancés à un époux unique, comme une vierge pure à présenter au Christ.» (2
Co 11, 2).
(Jean Paul II, Lettre
apostolique Mulieris dignitatem §
23)
Ainsi le fait
d'«être épouse», et donc le «féminin», devient le symbole de tout l'«humain»,
selon les paroles de Paul: «Il n'y a ni homme ni femme: car tous vous ne faites
qu'un dans le Christ Jésus» (Ga 3, 28). »
(Jean Paul II, Lettre apostolique Mulieris
dignitatem § 25)
Dans
l'Eucharistie s'exprime avant tout sacramentellement l'acte rédempteur du
Christ-Epoux envers l'Eglise-Epouse. Cela devient transparent et sans équivoque
lorsque le service sacramentel de l'Eucharistie, où le prêtre agit «in persona
Christi», est accompli par l'homme.
(Jean Paul II, Lettre apostolique Mulieris
dignitatem § 26)
Et la sainteté
s'apprécie en fonction du «grand mystère» dans lequel l'Epouse répond par le
don de l'amour au don de l'Epoux, le faisant «dans l'Esprit Saint» parce que
«l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été
donné» (Rm 5, 5). Le Concile Vatican II, en confirmant l'enseignement de toute
la tradition, a rappelé que, dans la hiérarchie de la sainteté, c'est justement
la «femme», Marie de Nazareth, qui est «figure» de l'Eglise.
(Jean Paul II, Lettre apostolique Mulieris
dignitatem § 27)
F. Breynaert

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