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HALTE SPIRITUELLE

8 JANVIER 2018:

"Loi, Justice et Sainteté"

Mgr Bernard GINOUX

16 mai 2012

Témoignage: Le temps s'est arrêté à Notre Dame de Livron...

      C’est avec d’infinies précautions que une fois de plus le groupe des Béarnais a pénétré, presque sur la pointe des pieds, dans l’écrin de verdure qui surplombe la vieille chapelle. On ne sait jamais… l’antique dragon terrassé par le chevalier pourrait se réveiller et surgir de son antre pour dévorer les importuns !
      Les pervenches, les iris, les pivoines, les clochettes de muguet, tout ce petit monde coloré se réveille à la hâte après les froidures humides de l’hiver. Les oiseaux se congratulent d’un versant à l’autre. Nos « hermanas » carmélites missionnaires, sont toujours à leur poste, sentinelles accueillantes. Marie-Laurent, le jeune carme souriant, n’a pas à insister sur le silence, il s’impose. Quatre jours de halte salutaire  pour s’exercer à l’oraison sous la conduite des deux Thérèse et de Jean de la Croix. Frère Palau, carme espagnol réfugié en 1843 dans une grotte suspendue au flanc du rocher, veille avec bienveillance sur nous.
      Et l’eau coule. Inlassablement…Elle sort des entrailles de la montagne après avoir creusé un monde souterrain mystérieux de galeries entrelacées, de boyaux étroits, de cavernes voûtées ; elle a ouvert des gouffres béants, sculpté des formes improbables, sauté des parois en cascades et sommeillé dans des réserves cachées.
      Ici, Moïse n’a pas eu besoin de frapper la pierre pour abreuver le peuple de l’eau vivifiante de la Torah. Par contre, Ézéchiel (ch 47) aurait été aux anges.  L’eau coule aussi  sous le chœur du vieux sanctuaire et  descend du « côté de l’orient ». Paisible, abondante et limpide elle a offert sa fraîcheur aux rois, aux princes, aux évêques . Aujourd’hui, elle attire les amoureux du silence et de la prière. 

      Notre Dame de la délivrance (origine de Livron) retisse le lien immémorial entre l’eau et le roc que toutes les religions utilisent pour dire quelque chose de Dieu. Elle fait renaître en nous les premières heures d’une humanité qui savait écouter l’écho de la pierre et traduire le babillage de l’eau. (J.C.)

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