1. Très chère fille en Jésus Christ: On ne connaît pas les immenses trésors qui se cachent dans une vie solitaire, tranquille, pacifiée et contemplative, sinon quand une âme contemplative les regarde depuis le monde. Je te crois bien, c’est-à-dire bien dans le sens que l’on peut employer; au moins il te reste une solitude pour gémir et soupirer et épancher ton âme avec Dieu. Pour te sauver et me sauver, je te donne une règle et c’est: se taire, obéir et confier à Dieu notre salut. C’est ainsi que je fais pour ce qui me concerne. Je te dis de te taire, et d’obéir, et d’attendre en silence, pour que tu sois sûre de ce que je vais te dire. Dieu ne m’abandonnera pas, et il ne m’abandonnera pas parce qu’il sait et connaît le fond de mon âme, il connaît la droiture de mes objectifs, desseins et intentions, il voit ma loyauté et ma générosité à sacrifier tout ce que j’estime. Si je ne te donne pas d’explications sur ce que je commande ou dispose, ne les désire pas ni ne les recherche, mais, avec une profonde humilité et un profond respect, conforme-toi à l’obéissance, et tout ira bien. Souvent, Dieu ne me révèle pas le pourquoi de sa volonté, ni ne veut que je le dise, ou bien il ne me le dit pas. Alors, dans de telles circonstances, ne me rends pas responsable si je garde le silence et ne te donne pas d’explications. Je demande à Dieu qu’il nous guide comme des aveugles et nous conduise par la main vers la gloire. Le Seigneur m’entend et me conduit ainsi à l’aveuglette. Lui nous sauvera. J’éprouve une particulière satisfaction de ce que tu sois maintenant à Ibiza, parce que je crois avoir accompli en ceci ce que Dieu m’a dicté. Pour le reste, j’ai maintenant en vue, avec la liberté, un nouveau champ ouvert, j’aurai plus de moyens pour tout et serai moins limité.
2. Je prends soin de toi, je ne t’oublie pas, tu es constamment présente à mon esprit devant Dieu et en sa présence, et je t’offre avec moi tous les jours, ensemble avec moi et Jésus Christ devant l’autel des sacrifices: et le Père, ce père avisé, veille à notre bien, accepte mon offrande de victimes offertes à Dieu en sacrifice sur l’autel de la croix au calvaire. N’attendons pas autre chose que des peines et des épreuves. Souffrons donc avec courage, subissons avec générosité, soyons loyaux et fidèles envers Jésus crucifié. Au revoir. Ne m’oublie pas dans tes prières et ta solitude; ton père tout dévoué et affectionné.
Fr. Francisco de Jésus, Maria y José, carme
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