1. L’amour, en l’homme, ne peut être oisif. Quand il se fût emparé de mon cœur, voici le cours qu’il suivit: Dans mon enfance et ma jeunesse, il n’avait ni ne connaissait son Aimée. Je la cherchai sur la terre, et n’y trouvant aucune créature capable de satisfaire mes appétits, je la cherchai dans le ciel.
2. En 1833, ne la trouvant pas dans le siècle, je la cherchai dans le cloître: je la trouvai, je l’avais, et ne la connaissais pas; nous étions amis, et nos relations ne débordaient pas du cadre des lois de la véritable amitié. L’amour ne pouvait se contenter d’une amie; la chose aimée ne se faisait pas connaître. Et peu satisfait de cette relation, je la cherchai au-dedans et hors de moi, je la cherchai dans la solitude du cloître, au fond de moi-même, et je ne la trouvai pas.
3. En 1838, je la cherchai hors du cloître, dans les activités et exercices de mon ministère sacerdotal; je l’appelai et elle ne me répondit pas. Je l’aimais, et mon amour cherchait des occasions d’apparaître à ses yeux pour un véritable être aimant, lui offrant la vie, mais elle ne voulut pas le sacrifice de mon sang; et elle se manifestait au milieu de la plus obscure des nuits, et dans les ténèbres, elle se présentait dissimulée, et de si loin qu’elle ne laissait voir ni sa silhouette ni encore moins son ombre. Et néanmoins, l’amour la cherchait, résolu à tout sacrifier pour elle.
4. En 1860, prenant en pitié les angoisses de celui qui l’aimait, elle se laissa voir et connaître, mais à minuit, et dans une nuit si obscure que je ne pus distinguer qu’une silhouette; mais mon contentement et ma joie furent immenses de la voir et de savoir qu’elle existait.· En 1861, je la vis à minuit et dans l’obscurité, mais elle me révéla qu’elle était mon Aimée, et Celle qui m’aimait; et depuis lors, j’entrai en relations avec elle, et celles-ci ne dépassaient pas le cercle d’une vraie amitié.
· En 1862, se découvrant peu à peu, elle m’offrit dans la solitude de la montagne sa main d’Épouse, et son Père éternel bénit du haut du ciel ces fiançailles.
· En 1863 et 1864, l’Épouse, se manifestant avec de plus en plus de clarté et d’amour, le mariage fut ratifié avec elle dans la foi, l’espérance et l’amour.
· En 1865, l’amour fut consommé par les liens du mariage spirituel, dans la foi, l’espérance et la charité.
5. En 1866, la chose aimée se présenta non comme celle qui aime, l’amie, l’épouse et la femme, mais comme la mère d’une infinité de peuples et comme reine et dame au ciel, sur la terre et aux enfers…
San Honorato, Juillet 1866.
Bienheureux
François Palau
«MES
RELATIONS AVEC L’ÉGLISE», pages 988-910

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