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HALTE SPIRITUELLE

8 JANVIER 2018:

"Loi, Justice et Sainteté"

Mgr Bernard GINOUX

17 mai 2013

Qu'est-ce que la Pentecôte ?





Pentecôte c’est encore Pâques - et plus que jamais. C’est Pâques a son dernier sommet. Car du dernier jour de la grande Fête éclate avec magnificence ce qui s’était accompli dans le divin silence du matin de la Résurrection.


Le «Je viendrai a vous», commence presque discrètement par les apparitions pascales dans le secret de la chambre-haute, au crépuscule du soir à Emmaüs, sur le rivage solitaire du lac, ce «Je viendrai» se réalise maintenant dans le tourbillon et le feu. 


Votre coeur se réjouira. Cette joie amorcée a Pâques - encore timidement, ils n’osaient y croire, ils se retranchaient dans leurs maisons - voici que cette joie fuse en un enthousiasme tel qu’on croît les disciples pris de vin.

Vous me verrez vivant et vous connaîtrez (expérimenterez) que je suis à mon Père et que vous êtes en moi et moi en vous (Jn 14,20). Voila que cette lente expérience va devenir une foi inébranlable. Les apôtres vont être littéralement «habités» , la communauté elle-même et non plus le temple de Jérusalem sera le lieu de la présence divine. Cette foi, cette expérience, cette présence, ils vont les communiquer aux quatre coins du monde.


Apres la naissance pascale, voici la maturité spirituelle. Ce qui est né dans les eaux du baptême, la Nuit de Pâques, va être, au grand Jour, affermi, confirmé dans le feu. C’est toujours Pâques, c’est l’accomplissement pascal. Et le soleil du matin de la résurrection brille maintenant à son midi.


Inversement, Pâques était déjà une fête de l’Esprit. L’Esprit de Jésus était déjà venu et l’envoi missionnaire déjà ordonné le soir du premier jour (Jn 20,19-22).

Mais comment s’exprimer : 
Jésus lui-même, le Jésus pascal est un Christ dans l’Esprit Saint. L’Esprit a transformé le corps mortel du Christ en un corps glorifié, ressuscité (Rm 8,11; 1 Co 15,45), Jésus est rempli de l’Esprit du Père.

Ne nous imaginons pas l’Esprit à la manière d’un troisième personnage dont on ne saurait le rôle exact, mais comme le feu présent dans le fer rougi. On ne peut prendre un fer rougi sans aussi prendre son feu. De même on ne peut atteindre le Christ sans avoir aussi son Esprit et inversement. C’est donc mal connaître le Christ que d’ignorer qu’il est de feu, qu’il est de l’Esprit. Et comme il est étrange, alors qu’ils sont inséparables, de chercher le Christ en ignorant son Esprit !


Pâques et Pentecôte ne sont donc pas, à proprement parler, deux fêtes différentes, elles célèbrent le Ressuscité transformé par l’Esprit et l’Esprit envoyé par le Ressuscité. Non deux étapes à la manière d’un train qui rejoint des endroits où il n’était pas encore, il faudrait plutôt parler de mûrissement : tout est déjà dans le bourgeon pascal, mais le bourgeon a gonflé, maintenant il éclate. Cinquante jours pour une seule grande fête pascale dominée par l’Esprit, fête étalée dont c’est aujourd’hui le dernier jour !

Mais un dernier jour qui est, lui aussi, un sommet : « Dieu, tu accomplis le mystère pascal dans l’événement de la Pentecôte » (Oraison, messe de la veille au soir). Et l’Eglise, sortie du Christ en croix comme un enfant du sein de sa mère, la voici debout, dans sa mûre jeunesse, déjà le pied sur le seuil pour annoncer au monde les merveilles dont elle a été le témoin.


Cette imbrication de Pâques et de Pentecôte nous aidera à ne pas dissocier le Christ et son Esprit. Comme si le Christ était le Dieu de Pâques et l’Esprit celui de Pentecôte ! Un seul Dieu se manifeste de manières diversifiées, éminemment personnalisées. Le Christ m’envoie son Esprit et l’Esprit me met en communion avec Jésus.

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