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HALTE SPIRITUELLE

8 JANVIER 2018:

"Loi, Justice et Sainteté"

Mgr Bernard GINOUX

4 oct. 2012

ÉCRITS: LA VIE SOLITAIRE (1)

Depuis son arrivée en France, en 1840, Francisco Palau accomplissait ponctuellement tout ce qu'il avait enseigné dans le livre Lutte de l’âme. L’exil l’obligea à vivre presque en permanence dans une stricte solitude, qu'il partagea la plupart du temps avec des amis ou des disciples. Ce n’était pas là quelque chose d’étranger à la vocation religieuse qu'il avait assumée des années auparavant dans les cloîtres du Carmel.
Il demeurait ferme dans ses désirs et ses résolutions. Il avait acquis par expérience le sens de la vocation contemplative dans une solitude personnelle à la suite de l’exclaustration violente de 1835. Il pouvait témoigner désormais dans les faits de cette conviction intimement mûrie au moment d’émettre sa profession religieuse: «J’étais bien persuadé que je pourrais accomplir fidèlement ses obligations jusqu'à la mort». Seule la vocation lui était nécessaire, et pour «vivre comme un anachorète, un solitaire ou un ermite, il n’avait pas besoin d’édifices qui allaient bientôt s’écrouler».
Il avait mis tout cela fidèlement en pratique quand il se mit à écrire les pages de cet opuscule. La flamme ecclésiale brûlait en son esprit; il sentait l’angoisse de lutter contre le mal, mais il ne pouvait que «lutter avec Dieu» en faveur de l’Église persécutée. Il n’avait d’autre alternative que celle de prier et de se sacrifier pour son idéal; c’était le seul moyen de servir l’Église. Il assuma la vie solitaire et pénitente avec le don de soi et la ténacité qu'il mettait en tout.
But de l’écrit
Les temps étaient durs pour mener ce genre de vie. Il y fallait beaucoup plus d’héroïsme qu'on ne le pense aujourd’hui. À Caylus ou à Cantayrac (Montauban), où le Père Francisco Palau et ses compagnons égrenaient leurs journées en travaux et prière, peu de gens saisirent le témoignage élevé de sa vie évangélique. La plupart firent montre d’incompréhension et d’hostilité, y compris une bonne partie du clergé. L’inimitié alla nicher jusque dans la hiérarchie ecclésiastique locale qui prêta ainsi la main à l’autorité civile. La persécution et le harcèlement atteignirent des limites intolérables. Francisco Palau, obligé d’embrasser la vie solitaire, se voyait forcé maintenant de la défendre. Cette «apologie pro vita sua», c’est ce qu'il tenta dans les pages adressées à «une autorité ecclésiastique» non identifiée par un nom propre. On place la composition de l’opuscule vers la moitié de l’an 1849. Il forme un diptyque avec un autre écrit similaire signé le 1° avril 1851 à Cantayrac. 
Il s’agit de pages écrites avec chaleur et passion contenue, mais sans schéma bien élaboré. C’est un plaidoyer brillant dicté par le coeur plus que par le raisonnement. Pour défendre son genre de vie personnel, il s’abrite derrière l’apologie de la «vie solitaire». Situation personnelle et perspective objective s’entrecroisent constamment tout au long de l’écrit.

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