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HALTE SPIRITUELLE

8 JANVIER 2018:

"Loi, Justice et Sainteté"

Mgr Bernard GINOUX

5 oct. 2012

ÉCRITS: LA VIE SOLITAIRE (2)

Fil conducteur
La trame de l’argumentation part d’une prémisse de base: la solitude ne s’oppose pas à la condition sociable de l’homme. La légitimité de la vie retirée est fondée dans la nature et l’anthropologie; elle a un fondement chrétien aussi. Sous ce second point de vue, «le solitaire, depuis son rocher, rend à la divinité de la religion, sans bruit de paroles, un témoignage public tout aussi brillant que celui des prédicateurs de l’Évangile». L’affirmation ne fait rien d’autre que reprendre la thèse de Lutte, concernant la valeur apostolique de la vie contemplative. Le solitaire épouse sans difficulté les préoccupations de l’Église et du monde, en les partageant à sa manière.
Partant d’une telle considération, l’idéal de la vie carmélitaine, assumé par lui, atteint sa réalisation parfaite dans ce genre de vie. Lequel, bien qu’imposé maintenant par les circonstances, est accepté et vécu dans toutes ses conséquences et une claire conscience de son sens vocationnel. Francisco Palau met à profit cette opportunité pour dévoiler les motivations profondes qui le firent opter pour la vie religieuse et concrètement pour le Carmel. Il peut constater maintenant avec satisfaction que son discernement vocationnel fut clairvoyant et cohérent.

Et ce genre de vie n’est pas en contradiction avec sa condition de prêtre, comme on le dit et le propage dans son entourage. Il a accepté la dignité sacerdotale en sachant qu’elle ne s’opposait pas à la réalisation de sa vocation religieuse. Si les deux choses sont parfaitement compatibles, la vie solitaire qu'il mène présentement ne peut être contraire non plus à la mission sacerdotale. C’est l’un des autres points qu'il tient à clarifier, parce que, écrit-il «on a pensé et on a voulu nous persuader que la vie solitaire était étrangère aux fonctions d’un prêtre à l’autel. Nous croyons que c’est une erreur et qu'au contraire, nous pourrons démontrer qu’elle lui est tout à fait adaptée». Il le fait à plaisir, insistant sur les traits fondamentaux du solitaire en relation avec sa préoccupation pour l’Église et le monde: témoignage de l’Évangile, dénonciation permanente du mal, prière et intercession, support de l’apostolat. Quand il abandonne la solitude et se lance dans le ministère, il devient irrésistible.
En venant au plan légal, Francisco Palau demande à ses adversaires quels sont le sens et la portée du libéralisme en France. Voilà que la nation s’enorgueillit des lois de tolérance et de liberté récemment conquises, mais qu’elle s’alarme de la présence d’un solitaire étranger. Drôle de manière d’entendre et de pratiquer la liberté! Le plaidoyer sur ce point déborde d’une fine ironie, soulignant la contradiction que suppose la persécution menée contre son genre de vie. Il conclut le réquisitoire: «L’honneur de mon état me pousse à prendre sa défense».
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