
VERS JÉRUSALEM
...
Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu, parlez au cœur de Jérusalem, criez-lui que son combat est terminé… Quelqu’un crie: Dans le désert, frayez le chemin du Seigneur! Aplanissez une route pour notre Dieu dans la plaine aride! Essaie 40.1-3
Abordant
ces pages, nous sommes transportés dans un contexte radicalement différent de
ce qui nous a occupé jusqu’ici. Les années d’Ézéchias sont révolues, les années
mêmes du Royaume de Juda. Essaïe le prophète, a constaté la fidélité du roi,
mais aussi le déclin moral et spirituel inexorable du peuple de Judée. Il a vu
les actes de la foi, mais aussi les dangers guettant un peuple prompt à se
détourner du Seigneur. Au roi Ézéchias, guéri d’un sévère maladie, et séduit
par la visite d’ennemis du roi d’Assyrie, n’annonçait-il pas la
désolation? (39.6-7)
Ces pages commencent par des mots de consolation prononcés au cœur de l’exil ! Un discours qui conduit aujourd’hui le lecteur dans la compréhension des derniers jours de l’exil à Babylone, les derniers jours avant que cinquante mille Israélites, sous la conduite d’hommes fidèles, saisissent l’ouverture faite par l’édit du roi Cyrus et décident de remonter à Jérusalem afin d’en redresser les murs et d’y réédifier le Temple. Un appel à se joindre au convoi prêt de se former:
Ces pages commencent par des mots de consolation prononcés au cœur de l’exil ! Un discours qui conduit aujourd’hui le lecteur dans la compréhension des derniers jours de l’exil à Babylone, les derniers jours avant que cinquante mille Israélites, sous la conduite d’hommes fidèles, saisissent l’ouverture faite par l’édit du roi Cyrus et décident de remonter à Jérusalem afin d’en redresser les murs et d’y réédifier le Temple. Un appel à se joindre au convoi prêt de se former:
Sortez de Babylone, fuyez d'entre les Chaldéens! (48.20)
Pour
ces familles qui remonteront de Babylone, le retour d’exil ne sera pas un
recouvrement de maisons et de champs ! Plus d’un demi-siècle a passé
depuis la désolation de Juda, et rares sont les Israélites à Babylone qui ont
connu le pays de beauté, selon l’expression répétée au livre de Daniel. Il
s’agit d’un nouveau départ avec le Seigneur… Et c’est bien là le sens de tout
le discours : se ressaisir après une épreuve cuisante qui pouvait faire
dire aux Israélites que Dieu a abandonné son peuple, ou même que les promesses
n’étaient qu’illusion, ou encore qu’il n’y a pas de Dieu ! Se ressaisir,
et en cela affirmer, contre toute raison apparente, que Dieu est fidèle, et
alors monter à Jérusalem, laquelle, pour la plupart d’entre eux, n’est connue
que par l’évocation des souvenirs de ceux qui ont été dans les rangs de l’exil,
dans ces colonnes rassemblées à Rama plus d’un demi-siècle auparavant, et qui
ont accroché leurs lyres aux saules de Babylone, éprouvant le gouffre de leur
propre désastre... et ceux-là ont fermé les yeux sans revoir leur pays.
Qui a prononcé ces discours ? La question se pose, car les paroles exprimées sont trop actuelles pour que l’on puisse les attribuer comme telles à Isaïe lui-même. Pour les auditeurs d’Esaïe, au cœur de la Jérusalem d’Ézéchias, qu’aurait signifié un appel à quitter Babylone ? D’autant plus qu’un roi de Babylone d’alors s’était montré un allié potentiel contre l’ennemi commun, le Roi d’Assyrie. Par contre, les exilés, encouragés par les prophètes d’Israël étaient nourris de cette perspective, consultaient des écrits conservés précieusement, et certains attendaient ce moment… Le prophète Jérémie n’avait-il pas annoncé la fin de la puissance des rois de Babylone, cette puissance limitée à soixante-dix années ? Et ne leur avait-il pas laissé une lettre :
Qui a prononcé ces discours ? La question se pose, car les paroles exprimées sont trop actuelles pour que l’on puisse les attribuer comme telles à Isaïe lui-même. Pour les auditeurs d’Esaïe, au cœur de la Jérusalem d’Ézéchias, qu’aurait signifié un appel à quitter Babylone ? D’autant plus qu’un roi de Babylone d’alors s’était montré un allié potentiel contre l’ennemi commun, le Roi d’Assyrie. Par contre, les exilés, encouragés par les prophètes d’Israël étaient nourris de cette perspective, consultaient des écrits conservés précieusement, et certains attendaient ce moment… Le prophète Jérémie n’avait-il pas annoncé la fin de la puissance des rois de Babylone, cette puissance limitée à soixante-dix années ? Et ne leur avait-il pas laissé une lettre :
Parole qui parvint à Jérémie de la part du Seigneur: Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël: Écris dans un livre toutes les paroles que je t'ai dites. Les jours viennent – déclaration du Seigneur – où je rétablirai la situation de mon peuple, Israël et Juda, dit le Seigneur; je les ramènerai dans le pays que j'ai donné à leurs pères, et ils en prendront possession. (Jérémie 30.2-3)
Tout
ce discours auquel nous sommes parvenus dans le Livre d’Esaïe, est une adresse
à Israël pour conforter la foi, ou la réveiller, en leur faisant souvenir de
leur mission de "serviteur" du Seigneur sur la terre, peuple qui a
reçu la révélation du Dieu UN afin d’en être les témoins ! Et plus que
leur faire souvenir : les réintroduire dans ce service !
Dans ces pages qui courent jusqu’à la fin du livre, nous pouvons distinguer quatre grandes parties:
- L’appel fondamental, l’engagement à se préparer au départ. Les soixante-dix années sont révolues, Cyrus le Grand est en route pour délivrer Babylone.
La réponse de la foi, mais aussi les paroles de ceux qui ne veulent pas entendre. Le bagage spirituel des rescapés de l’exil, les bases du témoignage qu’ils auront à maintenir, et en particulier ce qui fonde en justice la miséricorde divine. Des paroles de sagesse et de foi qui sont autant de rappels aux Israélites touchant la marche pratique, les perspectives messianiques, et des réponses aux doutes nés au cours de l’exil. Le livre se termine alors par les dernières instructions avant le départ de Babylone.
Extrait du livre "LIVRE D'ESSAIE,
LE PROPHÈTE"
Des
paroles qui traversent les temps

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