22. Mon âme demeurait oppressée par le poids de sa misère, pleine de craintes, de peines et de doutes. Après la consécration, dans les cas où je suis distrait, une sorte de terreur filiale me rappelle la présence de Jésus sur l’autel. Il ne m’est plus possible alors de voir ni de contempler le Fils de Dieu sous une autre figure, notion ou idée que celle de Tête, unie au ciel, sur la terre et au purgatoire, au Corps saint de son Église. Et pour la même raison, en regardant la Tête, je vois en elle tout le Corps; et en son Corps et sa Tête, une seule entité et réalité qui est l’Église. Et en communiant, je crois m’unir avec mon Épouse, l’Église: avec la Tête par un acte d’amour divin, et avec tous les membres en actes d’amour envers le prochain. Pour cette raison, toutes mes relations avec le Fils de Dieu et avec son Père sont toujours en rapport avec son Église.
Étant donné que je ne puis m’appuyer en ces matières sur des oeuvres écrites à leur sujet, je marche avec grande crainte et prudence, parce que le mauvais jour où tout se brouille, je doute de tout; et dans mes doutes, je cherche dans les Saintes Écritures et dans les Saints Pères et Docteurs de l’Église appui et doctrine.
–Viens, et je te ferai voir mon Corps.
–Qui es-tu?
–Je suis ton Aimée.
–Tu es le Christ, Fils de Dieu.
–Je suis l’Église dans le Christ et le Christ dans l’Église. Je suis dans le Sacrement comme Tête de l’Église, et tous les deux ici, nous sommes une même chose. Crois, ne doute pas de cette vérité. Dans le monde réel et vrai, je suis une seule et même chose avec l’Église, et il n’y a pas la moindre séparation ni divorce avec elle; là où je suis se trouve mon Épouse, là où je vais, elle vient. L’entendement humain dans l’homme mortel me conçoit, me contemple et me regarde indépendamment d’elle. Cette séparation peut se concevoir et peut exister dans l’entendement, mais moralement, cette séparation n’a pas de réalité dans le royaume de la vérité. L’entendement peut me concevoir en tant qu’homme, comme un individu et comme chose particulière, sans liens ni relation aucune avec mon corps moral; mais cette conception, cette idée, n’a d’être qu’en elle-même. La lumière des vérités catholiques, plus elle est pure, et plus grande est la clarté avec laquelle l’entendement découvre les liens et les relations qui m’unissent avec tous et chacun des membres de son corps qui sont tous prédestinés à la gloire. Crois, celle qui te parle est l’Église, ton Épouse bien-aimée, [elle te parle] en moi et par moi, et moi par elle.
–Vous, mon Dieu, vous me parlez par la bouche de l’Église?
–Oui, parce que le Christ en tant qu’homme est la Tête et ceux qui, en m’aimant, s’unissent à Lui sont ses membres, et moi, ton Dieu, je te parle par la bouche de l’Église, en te révélant les vérités éternelles. Crois donc en l’Église, entends et écoute attentivement sa voix: quand parle le Pape comme tel, l’Église parle, parce qu’il parle comme Tête de son corps, et le Pontife avec le Christ sont une seule Tête.
24. Tout ceci, elle le dit d’un seul mot, et pour l’expliquer, il m’a fallu toute une page. Cette parole fut: «Je suis ton Aimée. Je suis l’Église dans le Christ et le Christ dans l’Église ».
Je me retirai après la communion et renouvelai mes relations avec la plus chaste, la plus pure et la plus sainte des vierges. Mais cette même lumière qui me découvrait l’extraordinaire beauté de l’objet de mon amour, donnant [aussi]sur la faiblese humaine, sur la puissance, la possibilité et la liberté d’un divorce avec elle à cause du péché, découvrant en ces horribles et lugubres cavernes tout ce que l’on peut concevoir de plus laid et abominable, me laissait rempli de terreur et d’épouvante.
Viens, ô Orient; viens ô Sagesse incréée;
viens ô Roi de tous les peuples;
viens ô Emmanuel; viens ô Dieu d’amour!
Oh oui, tu viens maintenant avec grand pouvoir
pour nous sauver.
viens ô Roi de tous les peuples;
viens ô Emmanuel; viens ô Dieu d’amour!
Oh oui, tu viens maintenant avec grand pouvoir
pour nous sauver.
Sauve-moi, ô Enfant Dieu!
Bienheureux François Palau.
MES RELATIONS AVEC L’ÉGLISE pages 847-848



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