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HALTE SPIRITUELLE

8 JANVIER 2018:

"Loi, Justice et Sainteté"

Mgr Bernard GINOUX

5 déc. 2012

L'âme qui aime Dieu cherche de le faire plaisir...

« Cet après-midi, je gravissais la montagne, très triste et peiné. Le chagrin avait un fondement et une cause que je n’ai pu encore arracher de mon cœur, et c’est ma persuasion d’être désagréable à mon Aimée. Et, peiné, je lui disais: «Tel que tu me vois, je me donne à toi. M’aimes-tu? Dis-moi –répétait mon cœur– m’aimes-tu tel que je suis?» Le temps était pluvieux. Et tout en répétant la même offrande, je me dirigeai vers une petite grotte qui se trouve dans le bois, pour me protéger contre la pluie.
–Entre, me dit une voix.
–Qui es-tu?
–Celle que tu aimes.
–Es-tu mon Aimée?
–Je suis ton Aimée et Celle qui t’aime.
–Celle qui m’aime?
–Oui, celle qui t’aime.
–Ôte de moi cette peine qui me consume.
– Dis-la-moi.
–Je vois en moi des choses que je déteste et qui te déplaisent.
–Qu’est-ce que tu abhorres et qui m’est désagréable?
–Mes fautes et mes misères.
–Crois-tu qu’à cause d’elles je vais cesser de t’aimer?
–Je le mérite bien. Je désire être tel qu’il n’y ait pas la moindre chose en moi qui te déplaise.
–Tes fautes et tes misères sont l’ombre sur laquelle se détache l’image de Dieu, et c’est celle-ci que je regarde et aime; et ce que tu n’aimes pas, cela te suivra où que tu ailles. Néanmoins, durant ces exercices, je vais fonder solidement la paix avec toi en ton cœur, et y déverser cette joie et ce plaisir qu’un évènement humain ne peut troubler.
–Que je serai heureux si tu me fais une telle grâce!
–Puisque tout le fondement et la cause des peines horribles qu’endure ton cœur gisent dans des craintes de m’être désagréable, ces soirs-ci, examine attentivement une par une ces causes et, si elles sont véritables, nous les ôterons; et s’il n’y a en toi rien qui me déplaise, tu auras, dans l’amour et l’union avec moi, une paix solide, inaltérable, permanente, et une joie et un plaisir qui seront hors de portée des évènements humains. Tant que tu seras en paix avec moi, tant que nous serons une seule chose par amour, quelle importance peuvent avoir les évènements humains qui tournent autour et en dehors du temple intérieur où je vis et règne avec toi? Examine donc bien ces choses qui sont en toi et qui, crois-tu, me déplaisent, et nous les combattrons de l’intérieur. »

Bienheureux François Palau
Mes Relations, 19 février 1866.

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