«Je te félicite en union avec toute l’Église militante, ô Marie, Mère de Dieu, parce que le Seigneur t’a faite si belle, si pure, si parfaite, telle qu’il convenait que soit celle qui avait été destinée à être pour l’homme, misérable voyageur, un type accompli et une figure où il verrait, sous le voile de l’énigme, l’Église sainte».
La virginité en Marie
Marie fut vierge avant l’enfantement, dans l’enfantement et après
l’enfantement. Sa virginité demeura indemne dans l’enfantement, parce que
l’Enfant Dieu vint au monde en laissant fermer le cloître virginal. Avant
l’enfantement, la conception fut l’œuvre de l’Esprit Saint, et après
l’enfantement, elle ne connut aucun homme. Marie fut toujours vierge, son Père éternel est vierge, et son Fils unique
est vierge.
La maternité de Marie
Marie fut une mère véritable: elle conçut en son sein virginal, elle y
porta Jésus neuf mois, et le temps venu, elle le mit au monde, l’allaitant de
son propre lait. Elle est mère, et de l’Homme-Dieu. La virginité et la maternité conjointes en Marie sont une prérogative spéciale
qui la singularise et la distingue entre toutes les femmes: en ceci, Marie n’a
pas eu ni n’aura d’égale.
La pureté en Marie
Marie fut toute pure, exempte de la tache de la faute originelle et de
la faute personnelle. Elle fut aussi parfaite qu’il est possible de concevoir
la perfection dans une simple créature: ainsi convenait-il que ce fût pour la
dignité de Mère de Dieu… La virginité de Marie nous révèle celle de l’Église,
et également sa maternité et sa pureté. Une femme, la plus parfaite que Dieu ait créée, n’est qu’une figure, une
ombre, une image, une ébauche très grossière de l’Église de Dieu. Seule, cette
très pure Vierge réunit en elle, en toute plénitude et perfection, cette
inexplicable beauté et amabilité que recherche notre cœur.
Seule, Marie, Mère de Dieu, fut vierge et mère; et dans ces
perfections, elle est la seule qui nous figure la pureté, la virginité, la
maternité de l’Église. Celle-ci est vierge parce qu’en sa conception, en ses
enfantements, l’Esprit Saint œuvre en elle; elle est mère très féconde qui
compte pour enfants tous les prédestinés à la gloire. Non seulement Marie est le type et la figure la plus parfaite possible de
l’Église pour celui qui s’unit à celle-ci, mais elle est préposée comme la
médiatrice la plus puissante pour cette union sacrée entre l’Église et celui
qui l’aime. En vertu de ces titres, elle doit être invoquée et l’on doit se
servir d’elle dans nos relations avec l’Aimée.
Et à cet effet, il convint que cette femme fût vierge, immaculée, toujours
pure et mère, et que, tant dans l’ordre moral que dans l’ordre physique, elle
réunît toutes les qualités, toutes les grâces et toutes les perfections qui
sont possibles en une simple créature. Telle fut et telle est la Vierge Marie,
Mère de Dieu; elle est un miroir très limpide où l’homme peut contempler
l’Église sainte. Et de même que par le Christ nous allons au Père, par Marie, notre cœur élève les flammes
de son amour vers la chose qu’il aime, l’Église.
Bienheureux François Palau
"MES RELATIONS AVEC L’ÉGLISE" pages 958-961


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