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HALTE SPIRITUELLE

8 JANVIER 2018:

"Loi, Justice et Sainteté"

Mgr Bernard GINOUX

19 juil. 2012

1. Lettre à la Reine Isabel II...

Madame:
1. Le prêtre Don Francisco Palau, religieux de l’Ordre Déchaux de Notre-Dame du Carmel, résidant sur cette île d’Ibiza, expose à Votre Majesté, avec tout le respect qui lui est dû: 
Que, comme il est de notoriété publique, en mars 1854, il y eut à Barcelone une sorte d’émeute qui, comme les faits l’ont démontré par la suite, n’avait d’autre cause ni d’autre foyer que certaines querelles et désaccords entre manufacturiers et ouvriers. Son Excellence M. Ramón de La Rocha, Capitaine général de la principauté de Catalogne, piégé par de fausses informations, attribua cette révolution au monde religieux et supprima l’École de la Vertu. Comme la cause de cette suppression était une infamie, quand on tenta de se justifier intervinrent des débats désagréables avec M. le Maire Corrégidor et Son Excellence le Général et il en résulta l’exil du directeur de l’École sur cette île d’Ibiza.
2. Quand survint la révolution de juillet de la même année, le ministère octroya de très larges amnisties en faveur des bannis politiques et, bien que celui qui en appelle à Votre Majesté n’en eût pas besoin pour se juger innocent, néanmoins, M. le Gouverneur militaire de cette place lui délivra un passeport et M. le Maire une carte d’identité. Ces documents sont toujours aux mains du requérant et, confiant en eux, il se croyait aussi libre de voyager que les autres citoyens espagnols. Il n’usa cependant de cette liberté qu’une seule fois, et ce fut pour aller à la capitale des îles Baléares. Mais, au cas où le gouvernement de Votre Majesté jugerait bon de prendre d’autres dispositions à l’égard de son humble personne, poussé par un excès d’amour, de respect et d’adhésion envers le trône, à l’égard de Votre Majesté, de son gouvernement et les lois en vigueur, il adressa à Votre Majesté une requête datée du début juin 1857, lui faisant connaître sa situation; et si par hasard le soussigné apparaissait coupable au jugement du gouvernement, il implorait le secours et la protection des lois...
(François Palau, lettre 45)

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