
Rencontrer le Père qui nous
cherche et nous attend, est le pardon qui rend la vie, une résurrection... C’est
Soeur Sabina qui a choisi ces textes en préparant elle-même ses obsèques.
Un
jour, en l’embrassant, elle me demanda:«comment ça se passe la
mort?» Sans réfléchir, je lui citais cette parabole où les bras du Père
s’ouvrent pour nous redonner la vie. Et il vous dira: Sabine, tu es ma fille
bien aimée, «en toi j’ai mis tout mon amour (Lc 9, 35)», je te
pardonne, je te ressuscite… Et elle ajouta: «quelle consolation,
être accueillie par les bras du Père! »
Plusieurs
fois elle me parla de cette joie d’être dans les bras du Père mais elle ajoutait
avec son humour: «il tarde à venir me chercher; il m’oublie!»
Et la rencontre eut lieu un dimanche, jour de la résurrection du Seigneur, en la fête de Marie-Madeleine que le Ressuscité appelle de son prénom au tombeau de Pâques. Les bras du Père se sont ouverts pour Sabina, du moins, nous prions pour que cette heure tant désirée se vive dans la paix.
Et la rencontre eut lieu un dimanche, jour de la résurrection du Seigneur, en la fête de Marie-Madeleine que le Ressuscité appelle de son prénom au tombeau de Pâques. Les bras du Père se sont ouverts pour Sabina, du moins, nous prions pour que cette heure tant désirée se vive dans la paix.
En
bonne fille forte et un peu têtue, de Navarra, la terre d’Ignace, votre espérance
et votre foi courageuses vous ont permis d’être fidèle disciple d’Élie, homme
de feu, et de suivre vos sœurs aînées sur la rude Montée du Carmel, même dans la nuit de vos épreuves comme le chante
Jean de la Croix. Mais dans l’esprit du Père Palau, votre engagement s’est
voulu missionnaire, comme infirmière, auprès des corps souffrants. Parmi tant
d’autres, vous avez soigné mon père et ma mère à la clinique, avec la
délicatesse, la compétence et l’énergique volonté qui vous ont toujours
habitée.
Souvent
vous avez lavé et repassé nos aubes et vous prépariez avec attention calice,
ciboire et nappes pour la messe. Et même le café après la messe du
dimanche !
Vos
beaux yeux couleur de ciel ont fait rêver des jeunes gens, mais le Bien Aimé du
Cantique des Cantiques vous a parlé: «Lève-toi mon amie, viens ma
toute belle!» Vous avez su l’entendre et vous avez osé le suivre
dans la confiance de l’obéissance.
Aujourd’hui,
il vous redit: «Lève-toi mon amie», et il vous le dit comme à
la fille de Jaïre endormie dans la mort: «Lève-toi, fillette»,
bichette en araméen! Lève-toi,
Sabine, les bras du Père te cherchent.
Vous
êtiez jeune quand il vous a passé l’alliance au doigt, comme au fils prodigue.
Maintenant, il vous offre celle de l’alliance éternelle. Il vous a aussi revêtue
de l’humble robe du carmel, aujourd’hui il vous couvre du voile éclatant de la
vie éternelle.
Le
Bien aimé « se cachait derrière votre mur, il vous regardait par la
fenêtre» de votre chambre du château du Parc Ducup, à cette heure il vous
introduit dans la belle Demeure, la Morada,
du Château intérieur du cœur de Dieu entrevue par Thérèse. Il vous redit:
«Lève-toi, mangeons et festoyons, tu étais morte et tu reviens à la vie.»
Que
le Père vous prenne sur son cœur et vous murmure: «Bonne et fidèle
servante, entre dans la joie de ton Seigneur (Mt 25, 21).»
Obsèques de Soeur Sabina Aranguren – Homélie de Joseph Marty, Paroisse de Cabestany, le 24 juillet 2012 (Ctq 2, 8 s. + Luc 15, 11-24)
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