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HALTE SPIRITUELLE

8 JANVIER 2018:

"Loi, Justice et Sainteté"

Mgr Bernard GINOUX

20 juil. 2012

2. Lettre à la Reine Isabel II...


3. Six mois passèrent sans réponse. Dans cet intervalle, de graves peines affligeaient sa famille, du fait de la mort de ses chers parents; et dans ces circonstances, le requérant crut nécessaire sa présence au milieu des siens, et pour leur consolation, et pour régler des affaires d’intérêt purement personnel... S’il commit quelque faute en agissant ainsi, elle fut très involontaire et due à l’imprévoyance... il a été et est disposé à respecter les ordres de Votre Majesté et de toutes les autorités qui la représentent, et à leur obéir.
4. Arrivé à Barcelone, il se présenta au Gouvernement civil de la province, y exposa la raison de sa présence dans la ville et se soumit humblement à ses ordres et dispositions, et il fit de même avec son prélat, Son Excellence Monseigneur Antonio Palau. Fort de ces garanties, le requérant se croyait autorisé à demeurer dans son pays natal..Ce qui est ici exposé démontre que son séjour en Catalogne durant ce temps ne pouvait être ni un secret, ni un mystère et encore moins une fuite de son lieu d’exil.
5. Le Capitaine général de la principauté était à ladite époque Son Excellence le général Zapatero. Son Excellence parut avoir une opinion épouvantable sur l’École de la Vertu...Son Excellence ne la connaissait que par les informations que lui avaient fournies ceux qui la harcelèrent...le Capitaine général agit envers son auteur et directeur comme contre un chef de rebelles et de traîtres envers l’État. Il l’arrêta, le mit au secret durant huit jours sur un vaisseau de guerre ancré au port et, sans formuler d’accusation contre lui ni entendre sa défense, le maintenant totalement privé et déchu de ce droit sacré qu’a tout citoyen accusé de défendre son innocence, il l’envoya, sous la plus stricte et sévère vigilance des autorités, de nouveau, confiné sur cette île d’Ibiza. 
6. Arrivé à sa providentielle destination en mars 1858, il reçut communication de M. le Gouverneur de cette place d’un décret royal daté du début novembre 1857, réponse à la requête qu’il avait adressée à Votre Majesté en juin de la même année. Vos royales décisions, en ce qu’elles le favorisaient, n’eurent pas d’effet, en raison de ce nouvel exil.
7. Madame, à en juger par la cause de ce nouveau confinement, d’après ce qu’on a fait savoir au requérant, tout son délit consisterait dans le fait d’être l’auteur de l’École de la Vertu et de s’être enfui de son lieu d’exil, en août 1857 dans le but de la réorganiser...L’École de la Vertu était la prédication de l’Évangile..
8. Madame, tels sont les faits qui motivent cette supplique. Toute cette affaire est née de l’acharnement lamentable avec lequel on a tenté de faire passer à tout prix l’École de la Vertu pour un club infâme de traîtres envers Votre Majesté et la patrie... 
9. Madame, cette prison, cet isolement, ce bannissement, cette mort politique et morale, cette persécution enfin, vus par celui qui les endure, pour ce qui touche à ses intérêts spirituels, personnels et individuels, il vous le confesse
franchement et loyalement, ils sont pour lui honorables, car son honneur, c’est de souffrir pour le saint nom de Dieu...
Que Dieu garde Votre Majesté durant de nombreuses années.
Francisco Palau y Quer, Prêtre
(François Palau, lettre 45)

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