A jUANA GRATIAS : gramat
fête de notre-dame du mont carmel
16 juillet 1857
J.M.J.
Vive Jésus
Très chère soeur en Jésus Christ: Nous faisons l’octave de Notre Très Sainte Mère la Vierge du Carmel, et elle a pour but de mettre en ordre toutes mes affaires, comme si c’étaient les derniers jours de ma vie. Venons-en à tes
problèmes.
J’attends une lettre de toi pour m’occuper de ta vie extérieure et, entre-temps, venons-en à la direction de ce
qui touche à l’intérieur.
La grande oeuvre de Dieu dans l’homme se forge au dedans de lui. L’ordre qui apparaît et se laisse voir au-dehors est oeuvre et effet de l’ordre intérieur. Les trois vertus de foi, d’espérance et de charité, aidées des plus hauts et sublimes dons de l’Esprit Saint, tels l’intelligence, la sagesse, la science et le conseil, unissent la créature au Créateur, l’esprit de l’homme à son Dieu, l’âme au Verbe de Dieu. Et cette union sacrée est celle que tu dois rechercher, avoir et posséder, parce qu’en elle est la
vie, le salut et la force spirituelle, et c’est d’elle que
procèdent toutes les autres innombrables vertus. Mais laissant de
côté les théories, allons à ce qui te convient à toi
pratiquement et te concerne.
L’âme regarde Dieu sous deux aspects ou formes. D’abord, comme l’objet de tous ses attachements, ou comme un être infiniment bon et aimable, et cette figure ravit
son coeur; et parce qu’il est bon, infiniment beau, c’est-à-dire infiniment parfait, sous cet aspect, il prend et ravit à l’âme
sa vision intellectuelle, ses pensées et méditations. De ce fait, les vertus théologales et leurs dons font que Dieu et l’âme soient une seule chose par amour et pureté
de
pensées. Et tandis que se réalise en l’âme d’abord et
principalement cette divine union, toutes les autres vertus sont comme des auxiliaires et des servantes et des armées qui protègent et servent et défendent ce travail. Ceci est l’amour de Dieu pour l’âme et l’amour de l’âme envers Dieu.
continuer et achever en nous-mêmes, et qu’elle est l’accomplissement de toute loi, personne ne peut entrer dans le royaume de Dieu sans que cette oeuvre ne soit ordonnée et achevée dans le degré de perfection connu de Dieu seul.
Combien nous avons ici la vie, le salut et la force! Combien ennuie tout ce qui ne serait pas ordonné dans ce sens! Moi, bien que très en retard, je me complais
cependant à prêcher, à parler et à écrire et à méditer sur cette
grande oeuvre; et dans sa contemplation, l’âme s’encourage, s’anime et se vivifie.
Ces deux unions se forgent dans l’oraison, dans la méditation, dans le silence et dans la solitude
intérieure. Si tu as cherché avec une telle ardeur solitude, retraite, oubli des créatures, et si tu n’as rêvé que de déserts,
crois-le, cette vocation venait et vient de ce que ta pauvre petite âme connaît, entend, touche et palpe le besoin de vivre
unie à son Dieu, non de n’importe quelle façon, mais comme Dieu le veut et l’exige d’elle. Elle sait ce que vaut cette
union, comprend clairement qu’elle trouvera en elle la vie et la résurrection, son aliment et ses vertus. C’est pourquoi tu
l’as cherchée, et où? par quels moyens? Adorons les desseins de Dieu et de sa providence et respectons-les. Il faut
tirer de la vie des leçons pour corriger nos erreurs et
inquiétudes... Dans la prière, tu trouveras la foi, l’espérance et l’amour.
Francisco Palau, carme - Lettre 38

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire