"QUAND je fis ma profession religieuse, la révolution avait déjà en mains la torche incendiaire pour embraser tous les établissements religieux... Je n’ignorais pas le péril pressant ni les mesures prévues pour m’y soustraire; cependant, je me compromis, par voeux solennels, en un état dont je pensais pouvoir pratiquer la Règle jusqu’à la mort, indépendamment de tout événement humain.
Pour vivre au Carmel, je n’avais besoin que d’une chose: la vocation; j’en étais bien persuadé et j’étais convaincu aussi que pour vivre... je n’avais nul besoin d’édifices qui s'écrouleraient aussitôt.
Si j’avais douté un seul instant sur un point aussi essentiel pour embrasser mon état, oh non! je ne serais certainement pas en ce moment religieux, car j’aurais suivi un autre genre de vie; et même lorsque mes supérieurs m’annoncèrent que je devais recevoir les Ordres, il me semble, que, jamais je n’aurais accepté le sacerdoce si l’on m’avait assuré qu’au cas où je me verrais obligé de sortir du couvent, il me faudrait vivre comme prêtre séculier, car je ne crois pas avoir jamais senti cette vocation, et si j’ai consenti à être prêtre, c’est que j’étais fermement persuadé que cette dignité ne m’éloignerait en aucune façon de ma profession religieuse." (VS p 266-267)
("Un prophete de l’Église - Le bienheureux François Palau)
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